Circonscription

Le 7 Juin 2018, s’est tenu à Nyons dans la Drôme un débat citoyen sur la Programmation pluriannuelle de l’énergie (dite PPE), organisé et présidé par Célia de Lavergne, députée de la 3ème circonscription, en présence de Monsieur Floran Augagneur, vice-président de la Commission nationale du Débat Public (CNDP) et de Madame Moveda Abbed, membre de la commission particulière du débat public en charge de la PPE.

L’objectif de ce débat était de permettre aux citoyens de s’approprier les enjeux de la transition énergétique et de contribuer aux débats dans le cadre de la consultation de la CNDP sur ce sujet.

1. Déroulé et méthodologie

Après un mot introductif et d’accueil du maire Pierre Combes et de la députée Célia de Lavergne, l’atelier s’est déroulé en trois temps :

  • Un questionnaire commenté en plénière : les participants ont été invités à remplir un questionnaire, via un sondage partagé sur l’application Klaxoon en se connectant sur leur smartphone. Près de 60 participants sur les 80 présents ont pris part au questionnaire. Les résultats complets des 11 questions du sondage (exposés en annexe) ont été présentés et commentés un par un par Moveda Abbed et Floran Augagneur, et par des participants volontaires de la salle.
  • Des ateliers circulant autour de 5 thématiques : les participants ont été amenées à circuler entre 5 panneaux thématiques (efficacité énergétique, énergies renouvelables, sécurité d’approvisionnement, enjeux socio-économiques des filières, mobilité propre).
  • Une discussion et des échanges de point de vue informels autour d’un verre de l’amitié.
Extrait des résultats du questionnaire
Extrait des résultats du questionnaire

3. Le temps des ateliers

Puis est venu le temps fort des ateliers participatifs, où les citoyens pouvaient exprimer leurs idées sur chaque thème proposé, en notant synthétiquement sur des post-it leurs idées, inquiétudes et suggestions sur 5 sous-thématiques matérialisés par 5 panneaux noirs.

La récolte des informations fournies par ces post-it nous offre ainsi un panorama assez large des attentes de nos concitoyens pour la Programmation pluriannuelle de l’énergie de 2018. Des différents ateliers, il est sorti principalement qu’il fallait promouvoir le renouvelable local, dans les systèmes intelligents, en particulier d’autoconsommation, et plus généralement, promouvoir la consommation d’énergies renouvelables. Pour cela, davantage associer les communes aux décisions permettrait aux projets de voir le jour dans de bonnes conditions et d’être mieux acceptés.

Le frein que pose la multiplication des recours aux projets d’énergies renouvelables a été évoqué à de nombreuses reprises. Le recours aux énergies renouvelables est aussi souvent perçu comme un choix et un mode de vie qui doit s’inscrire en symbiose avec l’environnement, mais cet attrait du renouvelable n’est pas partagé de tous, et les défis que posent ces nouvelles technologies interrogent aussi : des subventions à la production d’ENR, jugées trop élevés, aux différents défis techniques comme l’intermittence ou le stockage, en passant par le renforcement nécessaire du réseau actuel de distribution, les ENR ont soulevées des problématiques sur lesquelles beaucoup ont souhaité alerter les pouvoirs publics au moment du choix.

Par ailleurs, les participants estiment que la transition doit être vue comme un tout, et les citoyens refusent de se focaliser sur la transition « électrique ». Ainsi surgissent les inquiétudes autour de l’absence de débat sur la méthanisation, l’hydrogène ou encore la géothermie. Certains soulignent la nécessité de faire porter les efforts sur le domaine du transport, à la recherche d’une mobilité propre, tout en essayant de décarboner le chauffage tertiaire et en misant sur l’isolation des bâtiments.

Plus controversée est la question du nucléaire, qui laisse place à des positions plus antagonistes que complémentaires. Il est souvent avancé que la dénucléarisation partielle du mix énergétique contredit l’objectif de neutralité carbone à l’horizon 2050. De plus, la question de la sécurité d’approvisionnement inquiète un certain nombre de gens. La question de l’avenir de la filière nucléaire, qui a des intérêts économique, militaire et scientifique, préoccupe aussi beaucoup nos concitoyens, surtout dans les territoires accueillant des centrales, ce qui est légitime.

Il est enfin communément partagé que la sécurité nucléaire est une des priorités du secteur.

Extrait des résultats du questionnaire

2. Résultats des questionnaires

Les deux premières questions du sondage portaient sur le thème du nucléaire. La première question traitait de la date à fixer pour l’objectif des 50% de nucléaire dans la production d’électricité : 42% des sondés ont souhaité conserver l’objectif de 2025 initialement prévu dans la loi de 2015. Mais sur la deuxième question, ils n’étaient plus que 36% à vouloir la fermeture des centrales nucléaires plutôt que la construction de nouvelles centrales ou le prolongement des anciennes.

Les deux suivantes concernaient la transition énergétique et les efforts qu’elle nécessite de la part de l’Etat mais aussi des citoyens en termes d’économies d’énergie par exemple. La première question concernait la répartition de ces efforts pour laquelle 64% des citoyens présents ont estimé qu’ils étaient injustement répartis parmi les différents acteurs concernés par le sujet, mais en contrepartie, plus de 50% des sondés estiment que la France est « dans les temps » ou « en avance » concernant les changements à effectuer pour mener à bien la transition énergétique.

Les questions suivantes ont montré que la majorité des participants au questionnaire se sont avérés insuffisamment satisfaits des efforts fournis par l’Etat ou la région Auvergne-Rhône-Alpes dans les énergies renouvelables, la mobilité durable ou encore les économies d’énergie.

Enfin, les 59 sondés ont avoués plutôt connaître les acteurs locaux de la transition énergétique. Et si la perspective d’avoir 15 millions de véhicules électriques en 2035 (à savoir la moitié du parc actuel) a partagé l’opinion assez équitablement, plus de la moitié des sondés se sont prononcés pour une accélération du rythme quant aux efforts engagés dans les énergies renouvelables.

L’analyse collective et plénière des résultats du questionnaire a laissé toute la place au débat et a permis à toutes les sensibilités de s’exprimer, ce que les participants ont reconnus. Le débat fut très riche en chiffres, en précisions techniques, juridiques et économiques, notamment grâce à la présence de professionnels dans la salle, capables d’étayer leurs positions et à la bonne gestion de la répartition de la parole et de la contradiction par Monsieur Augagneur.

Extrait des résultats du questionnaire
Extrait des résultats du questionnaire
Extrait des résultats du questionnaire

Conclusion

En conclusion, ce débat autour de la loi de Programmation Pluriannuelle de l’Energie a montré que les citoyens se sentaient concernés par ce choix politique majeur. Les débats ont été d’un niveau élevé en technicité quoiqu’accessible à tous, puisque très libre et émanant à la fois d’experts et de citoyens conscients du tournant que la transition énergétique impose comme choix de société. La députée Célia de Lavergne a conclu la séquence en invitant les participants autour d’un verre de l’amitié, après avoir remercié les participants de leur mobilisation et après avoir elle-même proposé une contribution au débat. Elle a enfin rappelé que les pouvoirs publics devaient décider une PPE suivant la connaissance du secteur et les avancées scientifiques actuelles.


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