Circonscription

Depuis près d’un mois maintenant, les gilets jaunes expriment leur colère. Elle est légitime, elle résulte d’années de souffrance et d’efforts vains, souvent d’injustice et de parfois de mépris. Que cette colère s’exprime est essentiel et elle devra contribuer à construire de meilleures politiques publiques.

Cette colère, je l’ai croisée régulièrement, un peu partout dans la circonscription, depuis 18 mois que j’ai été élue. Je l’ai croisée, dans la soixantaine de cafés citoyens et réunions publiques que j’ai organisés, dans les quelques 350 réunions de travail avec les organisations professionnelles, élus ou associations, dans les rendez-vous en permanence ou au gré des rencontres sur le terrain.

 

Parti de la hausse des carburants – annulée depuis par le gouvernement en signe d’apaisement – le « mouvement historique » des gilets jaunes a évolué : des pères et mères de famille, des jeunes qui se croient sans avenir, des retraités qui ont connu les galères, les privations parfois, le sentiment d’être celui qui paie pour les autres, se sont retrouvés sur des ronds-points, se sont parfois découverts et ont créé une nouvelle forme de fraternité, de lien social que notre société leur avait fait oublier ou, pire, n’avait plus permis de bâtir.

 

Pour eux, ce fut une aventure intense, au cours de laquelle ils ont eu le sentiment de ne plus être seuls. Ils veulent pérenniser cette aventure, la concrétiser ailleurs que sur les ronds-points, et on ne peut que le comprendre. 


Partout où ils se sont faits sans récupération et avec l’envie d’être constructifs, ces rassemblements ont pu faire émerger des propositions intéressantes et représentatives. Les « gilets jaunes » de la première heure ont envie de débattre et de comprendre, pas forcément d’en découdre par la violence. Ils veulent des réponses et renouer avec le débat politique, comme j’ai eu l’occasion de le constater lors de plusieurs rencontres avec eux, dans ma permanence ou sur le terrain.

 

L’autre versant de cette aventure, c’est qu’elle se vit, pour l’instant, aux dépens d’autres, et notamment d’autres Français qui travaillent : nos commerçants, nos entrepreneurs, nos transporteurs, nos agriculteurs, souvent des petites entreprises, parfois fragiles, sont victimes des blocages et en paient le lourd tribut.

 

A présent, la colère a été entendue. Le Gouvernement a apporté plusieurs réponses d’apaisement. Un grand débat sur l’ensemble des territoires va s’ouvrir. 


Le temps est venu de passer du rond-point à la salle de mairie ou de réunion.

 

Le temps est venu de se parler sans bloquer, de construire et non plus entraver, de débattre sans casser. Le temps est venu de respecter le travail de nos commerçants, nos entreprises, nos transporteurs, nos agriculteurs et de les libérer des conséquences de cette colère populaire. Pour certains, ils ont déjà perdu entre 30 et 60 % de leur chiffre d’affaires, des entreprises sont menacées de fermeture, des emplois de destruction.

 

Parlons ensemble de justice sociale, de transparence sur la dépense publique, de consentement à l’impôt, d’égalité des chances et de transition écologique. Parlons-en et proposons ensemble. Et j’irai présenter nos débats et les propositions qui ont émergé au gouvernement, les défendre pour vous défendre, comme je m’y suis engagée, quand je me suis présentée à vous et que j’ai été élue députée de votre circonscription.

 

Célia de Lavergne


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